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VOYAGE DANS UN REVE.
Des paroles étranges m’interpellèrent, pas à pas je me dirigeais vers la provenance de la voix. Arrivé près d’une porte dissimulée dans la haie d’un jardinet, une jeune fille au visage familier m’attendait. Elle me prit par la main, m’expliqua qu’elle voudrait me présenter un de ses plus beaux rêves. Afin que celui-ci se déroule et se réalise dans ce nouveau royaume, il faudrait que je rêve en même temps quelle pour qu’elle reste au paradis des rêveurs, une fois franchi le porche , pris dans un tourbillon interminable, je me trouvais sur la CONSTELLATION de HENALE.
Ce nouveau ciel, féerique à la limite du comique vu par un humain qui n’est pas habitué à voir un tel spectacle, s’illuminait d’astres plus gros que le soleil qui roulaient sur eux même sur leurs axes. Ce firmament dans son sommeil nous offrait un feu d’artifice d’étoiles filantes, un défilé de planètes en tout genre, colorées, difformes, réfléchissantes de lumières, et de plus en plus belles.
Ici, bizarrement la nature est toujours concillante, toujours en éveil, elle se transforme suivant notre humeur du moment. Par la pensée les saisons changent, les intempéries se commandent à notre gré. Des bois remplis d’arbres aux quarante souhaits, descendant leurs branches pour nous servir avec abondance des fruits magiques aux goûts exquis, aux parfums souhaités, s’étendent à perte de vue.
Dans ce royaume où les rois habitent des maisons de papiers mâchés, de cartons ; où les pauvres font l’aumône aux riches ; où les chênes se plient volontiers devant les roseaux, faisant leur révérence ; où le seigneur se met au service de la fraternité, tous sont unis autour d’une même idée, combattre le mal et la pauvreté. Ici nos rêves apparaissent comme une image réelle et se concrétisent comme telle ; où les gens marchent aisément sur leurs mains quand ils se sentent épuisés ; où on arrête le travail aisément quand on veut mieux s’amuser, nos ombres nous remplaçant pour accomplir notre tache, car les habitants ont le temps, les horloges ne comptent plus les secondes, l’heure n’a pas d’importance. Dans tous les villages règne la gaîté, des gens heureux font la fête sans cesse, se prenant par les mains, dansant en grandes farandoles du levant au couchant. Pour les moins fatigués et les plus résistants s’en suivent de longues nuits de romantisme, d’étreintes prolongées, de caresses interminables, d’actes d’amour. Comme par enchantement, pour tous ces couples, les fleurs en forme de trompettes sonnent l’hyme à l’amour. Au petit matin des carrosses couleurs de nacre conduis par des nobles et les princes servant de laquets s’arrêtent devant les lieux de réjouissance pour raccompagner les convives éreintés. Suite à ces nuits de plaisirs, pour requinquer les plus atteints par manque d’habitude, les ôtes distribuent des boissons de leur composition faites d’un mélange de nectar de pétales et de safran se trouvant dans ces lieux mystérieux, aux parfums de liberté, de bien être et d’amour. Déjà les vapeurs des mélanges agissent sur les individus et ceux-ci sont déjà prêts à recommencer leurs déboires jusqu’à la nuit prochaine.
La jeune NAHELE en tenue de cavalière m’accompagna dans les terres hautes. Comme des lucioles, les plantes lampions de leurs boutons fluorescents nous signalent le chemin. Sur notre passage les fleurs aux corolles arrondies, de leurs cymbales accompagnent le chant des oiseaux de ce paradis. Nous arrivons dans de vastes plaines aux pâtures verdoyantes s’étendant sur l’horizon à perte de vue, dominées par une chaîne de montagnes où, étagées, de grandes cascades d’eau descendent comme des grappes d’argent giclant leurs perles de lumière en nous souhaitant la bienvenue sur le territoire adjacent. Quel spectacle ! Quelle beauté ! Quel lieu insolite ! De quoi faire rougir un paysage islandais.
Au loin à la limite du ciel se distinguaient des volutes de poussières émises par le galop d’une horde de chevaux sauvages, libres comme le vent qui se dirigeaient vers notre position. Arrivés à notre hauteur ils ralentirent leur pas et se mirent à nous encercler, ne nous laissant aucune alternative que de nous laisser surprendre et d’obéir à leur volonté. Ma jeune amie se rapprocha du chef du troupeau, le caressa à l’encolure, lui adressa quelques mots à l’oreille. Lentement elle me dévisagea, vint se blottir chaleureusement dans mes bras. « Je suis arrivée à destination mon tendre ami, ici revivent les âmes des chevaux, ils ont besoin de mon affection, de mes soins. Je dois te laisser pour accomplir mon rêve, embrasse pour moi tous ce que j’aime et dis leur que je suis heureuse. Je ne t’oublierai jamais ». S’accrochant à la crinière elle monta énergiquement sur sa monture, me renvoya un joli baiser de la main. Rapidement tout le troupeau s’éloigna pour aller se perdre à l’horizon par où il était venu.
Resté seul un long moment dans ces verts pâturages, je m’allongeai dans l’herbe tendre pour méditer au sujet de mon aventure où exténué par ma longue marche, je m’assoupis.
« NAHELE ! NAHELE ! » Brusquement je fus tiré de mon sommeil mon épouse venait juste de me réveiller, resté seul allongé pour un instant sur notre lit je m’étais assoupi. Je repensais à ce fameux rêve et je me mis à sourire, avais je vraiment rêvé. Ce qui fut étrange c’est que le soir, étant resté sans nouvelles de mon amie pendant quelques jours, la jeune fille communiqua avec moi le soir même.
JOEL